- Auteur: Gp2mv3
- Date: Le 23 aout 2009
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La séquestration du dioxyde de carbone
En cette période de réchauffement climatique, le problème des rejets de CO2 est devenu encore plus important. Même avec de gros efforts, nous ne saurions suffisamment diminuer nos rejets de CO2 pour arrêter l'emballement écologique que nous connaissons actuellement. Les pays émergents, qui s'approvisionnent en énergie principalement grâce au charbon, vont toujours rejeter trop. Nous ne saurions arrêter cette augmentation exponentielle.C'est pourquoi nous cherchons des solutions, une des solutions trouvée pour palier à ce problème est le captage et l'enfouissement du CO2.
Ce dossier explique ce procédé.

La séquestration CO2 est une des solutions pour réduire les émissions de CO2 industriel dans l'atmosphère. Le principe consiste à capter le CO2 à son point d'émission de le concentrer et le transporter vers un site géologique adéquat pour son stockage. Le captage et stockage du dioxyde de carbone connaît un intérêt croissant depuis la fin des années 1990. Mais c'est en 2005 que le premier projet de séquestration du CO2 a vu le jour. Cette technique fait l'objet d'un nombre croissant de projets internationaux, soutenu par les pétroliers et les États, avec quelques applications expérimentales.
Le principe de séquestration

Cependant, pour capter le CO2 et l'injecter dans des "puits", il faudrait le capter à la sortie des cheminées et pots d'échappements ce qui n'est actuellement pas toujours rentable économiquement. Les promoteurs de projets de captage du CO2 veulent donc le mettre en place à la sortie des grosses industries qui rejettent énormément de CO2. La société SARGAS a réussi à stocker 95% des rejets de CO2 à la sortie de sa chaudière principale.
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Où stocker ces tonnes de CO2 ?
Les gisements de pétrole et de gaz naturels seraient une solution. D'ailleurs, ces gisements sont déjà utilisés au Texas pour récupérer le pétrole. L'utilisation du CO2 comme solvant permet de récupérer une partie du pétrole résiduel situé dans des gisements en baisse de production.Cependant ces projets utilisant le CO2 pour récupérer les résidus de pétrole utilisent des sources naturelles. Le problème est que les gisements ont souvent étés remplis d'eau de mer ou de gaz pour récupérer ces résidus. Une des autres solution est le stockage dans d'anciennes veines de charbon. Cela permettrait de récupérer le méthane pour l'exploiter en tant que gaz naturel en plus de stocker le CO2.
La solution la plus importante en terme de quantité stockable sont les aquifères salins. Ils ont les mêmes propriétés qu'un gisement de pétrole ou de gaz naturel mais avec des quantités beaucoup plus importantes. On pourrait y immobiliser le CO2 avec moins de fuites que dans une veine de charbon. En plus de ces qualités ils sont répartis sur le globe de façon homogène ce qui permet de limiter le transport du CO2 et donc de diminuer les coûts d'exploitation. L'inconvénient de cette solution est que les aquifères salins sont peu connus et on ne peut les diviser comme les puits de pétrole ou les veines de charbon.
Les limites de ce procédé
La séquestration du CO2, comme toute technologie, quand même des limites et des risques. La première limite est le débit de CO2, il doit être fixe et de grande quantité pour pouvoir le stocker. En effet, la pression doit être suffisante pour propulser le gaz. C'est pourquoi la séquestration du CO2 ne peut pas être utilisée partout. Dans les installations propices à l'installation d'un système de captage de CO2, on compte les centrales électriques thermiques, les sidérurgies, les industries chimiques,... Une autre limite importante est que la plupart des gros emetteurs de CO2 ne le rejettent pas à l'état pur. En effet, nous retrouvons souvent des gaz d'échappements mélangés au CO2. Ces gaz résultent d'une combustion incomplète. Seul très peu d'industries rejettent du CO2 à l'état pur. Pour se débarrasser de ces gaz, nous pouvons utiliser de l'oxygène pur afin de les brûler et de les convertir en CO2, mais pour ce faire, il faudrait produire de l'oxygène pur à l'entrée de l'usine. L'hydrogène produit par la recombustion des gaz d'échappement peut facilement être séparé du CO2 et donc être utilisé pour produire de l'énergie dans une centrale électrique à pile à combustible par exemple ou même produire des composés chimiques comme le plastique.Les risques de la séquestration du CO2

Un exemple naturel de fuite de CO2 a prouvé les risques probables de fuite. En 1986 au Lac Nyos au Cameroune (Visible à droite), une grande quantité de CO2 est remontée à la surface tuant pas moins de 1700 personnes. Imaginez ce qui arriverait si cela se produisait à coté d'une ville.
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Projets existants en Europe
En fonctionnement

- Sleipner (Norvège): On extrait déjà depuis plusieurs années le CO2 d'un gisement de gaz naturel pour le réinjecter dans une formation saline en mer du Nord. Ce projet permet de stocker environ un million de tonnes de CO2 par an depuis 1996. Ce procédé leur a permis d'économiser des millions d'euros de taxe carbone en 10 ans. Depuis 1996 plus de 10 millions de tonnes de CO2 ont ainsi été stockées.
- Snøhvit (Norvège): Le CO2 est injecté dans une aquifère saline. Ce projet est opérationnel depuis septembre 2007. Le CO2 injecté est extrait d'un gisement de gaz naturel pour avoir un gaz naturel plus pur.
- K12b (Pays Bas): Gaz de France exploite un petit gisement de gaz naturel offshore épuisé en mer du Nord pour y injecter du CO2 (Voir photo à gauche).
A l'étude
De nombreux projets de séquestration du CO2 sont actuellement à l'étude, notamment en Europe et en Amérique du nord. Parmi les projets européens, nous pouvons en citer quelques-uns :- Au Royaume-Uni, un projet de séquestration du CO2 et de stockage dans la faille de Miller.
- En Allemagne, un projet similaire près de Berlin dans une zone aquifère est également à l'étude.
- En Autriche, deux industries sont prêtes à rejeter leurs 300 000 tonnes de CO2 par an dans un ancien gisement de gaz naturel.
- En France, Total a lancé un projet en 2005 destiné à produire de l'oxygène mais aussi à stocker le CO2 produit dans un gisement épuisé de gaz naturel. Ce projet est conduit en collaboration avec de nombreuses industries dont Air Liquide mais également des universités. Le but est d'avoir un premier retour d'expérience pour peut-être envisager d'autres projets similaires.

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